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"Sois le bienvenu"

édito du 9 février 2012

 

 

Méditation à l'heure de la mort d'un proche.

 

 

 

 

 

"Je suis l'habitant des demeures fragiles,

Des gîtes éphémères et des nids transitoires,

Moi dont la vie est de passer"…

 

Ce fragment de poème, écrit par une religieuse d'origine juive devenue chrétienne(1) me traverse l'esprit à l'heure de la mort d'un tout proche.

 

 

la conscience alors se réveille : les titres, les diplômes, les galons, les décorations, les comptes en banque ne sont que poussières. Nous ne sommes que des pèlerins sur cette terre, nous n'y sommes qu'en transit temporaire, notre véritable patrie est celle où le Christ nous attend. Le temps de notre vie, dramatiquement court pour les uns et si long pour d'autres n'est que le temps d'un apprentissage, car le ciel commence ici-bas ; il nous est demandé d'en faire chaque jour autour de nous autant qu'il est possible… Il est si facile de faire de l'enfer.

 

Alors, prendre au sérieux l'Évangile… "Ce que tu as fait du plus petit d'entre mes frères, c'est à moi que tu l'as fait"…, vivre au souffle de l'Esprit-Saint toutes les rencontres quotidiennes, entrer dans la foi du Christ, faire confiance au Père "qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper"…  et croire qu'un grand Amour nous attend…

 

C'est un très beau texte dont je ne connais pas l'auteur qui me revient en mémoire : il convient à ceux et celles qui croient en la Résurrection :

      "Ce qui se passera de l'autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité, je ne le sais pas. Je crois. Je crois seulement qu'un grand amour m'attend.

      Maintenant que mon heure est proche, que la croix m'indique le seuil à franchir, alors ce que j'ai cru, je le crois plus fort au pas de la mort. C'est vers un amour que je marche en m'en allant… C'est dans la vie que je descends doucement. Quand je mourrai, ne pleurez pas… Si j'ai peur, et pourquoi pas, rappelez-moi simplement qu'un amour m'attend. Oui, Père du Ciel, voici que je viens vers vous comme un enfant. Je viens me jeter dans votre amour, votre amour qui m'attend."

 

Et pour ceux qui n'arrivent pas à croire en leur Résurrection, j'aime rappeler le dialogue surprenant qu'il y eût un soir à la télévision entre Bernard Pivot et François Mitterand, déjà très malade mais encore président. C'est la fin de l'émission ; le président est visiblement épuisé. Bernard Pivot lui demande : "Et si, au-delà de votre mort, Dieu vous rencontre, que souhaitez-vous qu'Il vous dise ?" Le président se fait préciser la question ; il réfléchit un instant et la réponse surgit, surprenante et très belle : "Je souhaite qu'il me dise : Enfin tu sais ! et j'aimerais qu'il ajoute : Sois le bienvenu".

     

 

 

X François Garnier

Archevêque de Cambrai

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(1)   : Sr Marie Madeleine, OP, (Hélène Jung) – Jérusalem au sommet de ma joie – Edition de l'Olivier, 1985, p.43.

Article publié par Cathocambrai • Publié Mardi 21 février 2012 • 2470 visites

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