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CHICHE, un Carême pour de vrai ?

Chaque fois qu’ arrive le Carême, je me souviens des jeunes syriens musulmans d’Alep que j’ai eu comme élèves dans les années 65-67; ils s’appelaient Djiamel, Ahmed, Mohamed, Nabil : ces années là, le jeûne du Ramadan tombait en plein mois de juin, aux journées les plus longues et brûlantes. Entre les premières lueurs du matin et les étoiles du soir, je les ai vus ne rien manger ni boire, pas même leur salive, renoncer aux matches de basket, « le grand sport de l’école des Frères  Maristes », et s’asseoir à l’ombre pour moins transpirer… Et tout cela forçait mon admiration de séminariste. En réalité ils me réapprenaient le Carême que les chrétiens leur avaient appris 13 siècles plus tôt : il y avait en effet longtemps que les baptisés vivaient le Carême avant que le Ramadan existe…

Une question demeurait pour moi : comment chaque année reprendre en main grâce au Christ le pilotage de ma vie ? Comment prendre le temps et les moyens d’une triple libération : libération dans la relation avec soi-même, avec les autres et avec Dieu ?

Libération dans la relation avec soi-même ?  A chacun de se demander quelles sont ses idoles, quelles sont ses dépendances ? Alcool, sexe, télé, internet, argent, orgueil ? Plus grave : dégoût de soi, tentations suicidaires ? Il n’a jamais été facile de s’aimer humblement soi-même, en réalisant qu’aussi pauvres que nous soyons, le Christ nous aime encore et même plus ; il s’offre à nous pour être avec nous dans notre épreuve ; il est avec nous pour nous en délivrer.

Libération dans nos relations avec les autres ? Avec les plus proches et les plus lointains. Avec les plus proches pour rétablir une relation brisée, pour faire le premier pas qui coûte, pour offrir un pardon ou l’accepter s’il nous est offert. Et avec les plus lointains qui fuient la famine et les bombes ; pour nous interdire les jugements globaux et indignes sur les migrants et les chômeurs ; pour grandir dans la conscience de leur devoir l’argent économisé par chacun de nous pendant 40 jours de vie plus sobre, argent que nous confierons aux organismes qui savent mieux que nous le répartir avec justice[1].

Libération dans la relation avec Dieu ? Bien sûr par la célébration du sacrement du pardon : il suffit de reconnaître humblement devant le Christ en quoi nous avons manqué le plus à l’évangile, à la vie selon l’Esprit Saint, par une plus grande fidélité à la messe du dimanche et par le temps de prière quotidien que nous propose notre fascicule  diocésain : « S’IL TE PLAIT, DONNE-MOI UN QUART D’HEURE »[2].

Quarante jours pour retrouver la forme spirituelle !

Quarante jours pour redevenir de bons sportifs de Dieu !

 

Bon et Saint Carême

+ François Garnier

Archevêque de Cambrai

 

                                                                                                                                                                                           

 

 

 

 

 

[1] Secours Catholique, CCFD, Œuvre d’Orient, Œuvres Pontificales Missionnaires…

[2] A trouver en paroisse, à Raismes, à l’archevêché…

Article publié par Cathocambrai • Publié Lundi 13 mars 2017 • 436 visites

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