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Lettre pastorale à tous les diocésains de Cambrai

Du côté des Paroisses, quinze ans après leur fondation, trois ans après notre Concile Provincial

le Mercredi 01 nov 2017

Mgr Garnier Mgr Garnier  

Chers diocésains,

 

En cette fête de la Toussaint, je souhaite partager avec vous trois rappels fondamentaux et vous confier trois questions précises qui sont les miennes quinze ans après la fondation de nos paroisses nouvelles et trois ans après notre Concile Provincial.


Voici les trois rappels trop oubliés qu’il nous faut réveiller 

 

  • Si tous les baptisés que nous sommes n’oubliaient pas ce qu’est profondément le baptême ! « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » signifie « Je te plonge dans l’eau pour que tu deviennes la propriété du Père du Fils et de l’Esprit Saint », c’est à dire de la famille divine où chacune des personnes ne réussit qu’en faisant réussir les deux autres. Un véritable programme pour nous ! chaque chrétien, du Pape au plus petit des bébés, reste d’abord et avant tout un baptisé. Le baptême est notre mission commune. Il s’agit, selon l’expression populaire, de « se mouiller » grâce à Dieu pour servir l’Évangile.

 

  • Chaque baptisé-confirmé a une mission très claire, une mission fondamentale unique : celle d’être le premier évangélisateur de ses proches, dans sa famille, dans son travail, dans le choix de ses loisirs, dans la traversée difficile des épreuves. Cette mission, personne d’autre que lui ne peut la vivre. Être le premier missionnaire dans son propre milieu de vie est notre mission fondamentale.
  • Et pour cela bien sûr il y a besoin de rencontrer le Seigneur, de lire son Évangile, de recevoir sa force dans nos faiblesses. Un très beau verset du nouveau testament dans les Actes des Apôtres (Ac 2,42) nous donne les trois points d’appui fondamentaux pour que nous gardions une foi solide, une charité qui se donne de la peine et une espérance qui ne craint rien. Ces trois repères sont : 
    • l’appel à être assidus à l’enseignement des apôtres ,  
    • l’appel à pratiquer la charité fraternelle,
    • l’appel à participer à l’eucharistie et aux prières.

 

I. OÙ EN SOMMES-NOUS ?
 

Il y a quinze  ans, nous avons réussi ensemble, comme de nombreux diocèses , la mise en place des paroisses nouvelles,  la mise en place des conseils économiques et des Équipes  d’Animation de Paroisses (EAP) ; la mise en place des équipes d’accueil pour tous ceux qui demandent un baptême un mariage ou l’accompagnement des familles en deuil ; sans oublier ce qui selon moi était le plus novateur et le plus nécessaire : la mise en place des « équipes relais » ,parce que notre Église catholique devait tout faire pour rester proche et visible du plus grand nombre ; elle devait ne pas  s’éloigner des gens comme malheureusement la plupart des services de l’État le font dans la société civile aujourd’hui.

 

15 ans après, il est normal de faire le point et de réactualiser nos objectifs. Bien sûr, il y a le très petit nombre de prêtres sans doute pour plusieurs décennies, et cela malgré tout ce que nous faisons avec le service diocésain des Vocations ; n’oublions pas toutefois tout ce que nous apportent nos frères diacres de plus en plus nombreux : ils nous rappellent que toutes nos communautés se doivent de servir en premier celles et ceux qui sont mal servis. N’oublions pas les communautés religieuses qui demeurent attachées à notre diocèse, les contemplatives et les apostoliques si précieuses en particulier dans les quartiers populaires ; n’oublions pas les communautés de jeunes laïques consacrées, celle des « Missionnaires Serviteurs de l’Évangile de la Miséricorde » à Valenciennes et celle toute nouvelle de « Palavra Viva » à Raismes ; n’oublions pas les permanents laïcs qui se donnent sans compter ; n’oublions pas non plus nos frères prêtres venus d’ailleurs, d’Afrique notamment, ni le travail fidèle de tous les prêtres diocésains. Bien sûr tout ce que nous avons mis en marche ne fonctionne pas toujours très bien,  mais sachons voir tout ce que l’Esprit Saint nous a donné de réussir ensemble pour le Christ : la vitalisation  de tout ce qui se réalise au niveau des doyennés ;  tout ce qui est né à la suite de  Diaconia pour que notre Église reste toute proche de ceux qui s’en croient loin ; tout ce qui se vit dans  la Maison du Diocèse devenue  le poumon pastoral de notre Église diocésaine ; tout l’immobilier rénové dans les paroisses pour favoriser l’accueil de tous, un accueil vraiment digne de l’accueil du Seigneur ;  tout ce qui se réalise du côté du sacrement de la Confirmation après les 700 confirmés de Nungesser ; tout ce qui se réalise du côté du catéchuménat (on annonce 90 catéchumènes adultes cette année)  et tout récemment le soixantième anniversaire de la Mission Ouvrière qui s’ouvre à beaucoup plus large qu’elle, à tous ceux et celles qui participent à l’évangélisation courageuse dans les quartiers les plus défavorisés. C’est dans ce paysage renouvelé que nous devons avoir le courage de choisir sur quoi, après notre Concile Provincial, faire effort pour répondre encore mieux à la mission que le Seigneur nous confie.

 

II. OÙ ALLER ?

 

Nous le déciderons bien sûr ensemble. Nous le confierons à l’Esprit Saint et le travaillerons avec le Conseil Presbytéral et le Conseil Diocésain de Pastorale. Je me dois toutefois de vous confier les trois questions que je me pose, dont la première est évidemment la plus fondamentale.

 

Pour la mission à vivre au plus près de notre « million d’hommes à aimer » :
Q1 : Dans nos 51 paroisses faut-il choisir comme objectif prioritaire la naissance et la multiplication de « fraternités locales » que nous pourrions appeler aussi « fraternités de disciples missionnaires », « communautés de base » etc… ?
Enjeu : nous pouvons rendre grâce pour les équipes relais qui continuent de vivre au mieux la visibilité et la proximité de notre Église. Mais à côté d’elles ou à leur place, parce que cela relève de la responsabilité missionnaire de tous les baptisés, le temps n’est-il pas venu de fonder des fraternités locales de 5/6 à 10/12 membres ? Ces fraternités seraient visitées par les prêtres dès qu’ils le pourraient ou le devraient.   Elles deviendraient petit à petit les points d’appui de la mission de notre Église au plus près des gens. Ces fraternités, dont il nous faudra préciser la mission auraient à prendre à cœur de vivre avec les repères que nous donne le livre des Actes des Apôtres au chapitre 2 verset 42, et que nous devons rappeler tant ils sont fondamentaux : « l’assiduité à l’enseignement des apôtres, l’assiduité à la charité fraternelle, l’assiduité à l’eucharistie et aux prières ». Ces fraternités seraient comme des oasis locales solidement enracinées dans l’Évangile et dans le souci de l’évangélisation. 

 

Pour améliorer la mission des équipes d’animation de paroisses(EAP) :
Q2 : En cas de renouvellement des équipes des membres de l’EAP, en quoi les repères de nos voisins de Lille ou d’autres peuvent-ils nous rendre service et inspirer nos propres repères ?
Enjeu : Les Équipes d’Animation de Paroisses (EAP) existent pratiquement partout. Elles sont efficaces. Le Conseil Presbytéral du diocèse de Lille, vient de proposer une manière de répartir les missions entre les membres des EAP pour que chaque membre soit plus particulièrement chargé soit de l’annonce de la foi, soit de la célébration de la foi, soit de la charité-solidarité à vivre, soit des ressources et des finances, et soit enfin de la communication avec les autres. Chacun restant responsable de tout, mais davantage responsable d’un secteur de la mission.


    Pour mieux servir la mission des doyennés :
Q3 : Comment faire évoluer les conseils de doyenné lorsqu’ils existent encore pour qu’ils deviennent de vraies équipes qui réalisent concrètement tout ce qui dans la mission se réussit mieux à l’échelon du doyenné qu’à l’échelon de chaque paroisse ?
Enjeu : Le doyenné devient un espace important ; presque tous auront vite leur Assistant Pastoral de Doyenné, vis-à-vis de plus en plus indispensable au doyen. Comment servir le suivi des objectifs pastoraux, celui des formations à prévoir, celui de la communication à réaliser ? Le doyenné n’est-il pas le lieu où l’on peut bâtir ensemble quelques activités pastorales heureuses ? 


Chers diocésains, je joins à cette lettre deux des derniers éditoriaux d’« Église de Cambrai » ; le titre  du second « Baptisés Réveillés » ne signifie pas que vous, qui lisez cette lettre pastorale, êtes endormis ! oh non, je connais suffisamment l’engagement de  vous tous qui vous donnez sans compter pour que notre Église soit fidèle à la mission que lui confie le Christ ! Mais quels sont les « petits pas de progrès possibles (pppp) » que nous devons faire ensemble pour être encore plus fidèles à notre unique Seigneur ? 

 

Vous savez mon affection,
            
+ François Garnier 

Archevêque de Cambrai 
                                                                     
Toussaint 2017


____________________________
Pour mémoire, on trouvera en pièces jointes 2 éditoriaux récents d’Église de Cambrai (ci-dessous)


Deux convictions géniales 

 

Je découvre plus d’un an après la parution d’une lettre du Pape François au cardinal Ouellet , préfet de la Congrégation pour les évêques. Cette lettre est traversée par deux convictions :
     La première ? Elle concerne la consécration fondamentale qu’est notre baptême.
« Nous sommes tous entrés dans l’¬Église en tant que laïcs. Le premier sacrement qui a scellé à jamais notre identité et dont nous devrions être fiers à jamais est le baptême … Notre première et fondamentale consécration prend ses racines dans notre baptême : nul n’a été baptisé prêtre ou évêque ! Nous avons été baptisés laïcs : c’est le signe indélébile que personne ne peut éliminer. Nous devons toujours nous rappeler que l’Église n’est pas une élite de prêtres, de consacrés et d’évêques ; mais que nous formons tous ensemble le peuple saint des fidèles de Dieu… ».

Fondamentalement, nous demeurons des laïcs baptisés ; baptisés et confirmés, il faut le souhaiter. Le consacré, le prêtre ou l’évêque que nous pouvons être ne doivent pas oublier qu’ils demeurent d’abord des laïcs baptisés : des hommes et des femmes qui veulent appartenir au Christ, qui veulent plonger courageusement dans sa mort et sa résurrection ; des hommes et des femmes qui choisissent souvent d’aller à contre courant des opinions majoritaires et des modes passagères à cause de Jésus et de l’Évangile. Oh certes, l’Église m’a confié la mission d’être votre évêque, mais je demeure parmi vous un simple baptisé appelé moi aussi à la conversion quotidienne comme le plus discret des fidèles du Christ. 
     La seconde ? Elle concerne la mission première de chaque baptisé. Elle n’est pas « d’aider Monsieur le Curé », mais de s’engager dans le monde au nom de son baptême.

« …Plusieurs fois nous avons été tentés de penser que le laïc engagé est celui qui travaille dans les œuvres de l’Église et/ou dans les activités de la paroisse ou du diocèse et, peu souvent, nous avons réfléchi à comment accompagner un baptisé dans sa vie de tous les jours ; comment, lui, dans son travail quotidien, avec ses responsabilités, il s’engage en tant que chrétien dans la vie publique ? Sans le savoir, nous avons généré une élite de laïcs considérant qu’ils doivent se cantonner à servir les prêtres ; nous avons oublié et négligé le fait que le croyant consume souvent son espérance dans la lutte quotidienne pour vivre sa foi… au cœur de la vie sociale, publique et politique… ».

Cette conviction est majeure : bien sûr nous avons tous, en fonction de nos dons et des appels reçus, des services d’Église à nous partager, mais la mission fondamentale de chaque baptisé, y compris du Pape et des évêques, est d’être le premier évangélisateur de son propre milieu de vie ! J’essaie de le rappeler à chaque confirmand : « Je ne suis pas dans ta famille, dans ton lycée, dans ta FAC ; Je ne suis pas là où tu prends tes loisirs, là où tu travailles, là où tu t’engages : dans tous ces lieux tu es appelé à vivre courageusement selon l’Évangile et personne d’autre que toi ne peut le faire à ta    place ! ». Oui, chacun de nous est chargé AVANT TOUT, à cause de son baptême, d’ÊTRE LE PREMIER ÉVANGÉLISATEUR DE SON MILIEU DE VIE !
Deux consignes géniales ! A partager !                                                                               
            
                        

Baptisés réveillés ?


Saint-Paul ne félicite pas toujours ceux et celles à qui il destine ses lettres. C’est même assez rare ! Pourtant, lorsqu’il écrit aux premiers chrétiens de la ville grecque de Thessalonique, il déborde de compléments. Il y en trois que je crois pouvoir adresser aux lecteurs assidus d’Église de Cambrai.    « À tout moment, nous rendons grâce à Dieu pour vous tous, votre foi est active, votre charité se donne de la peine, votre espérance tient bon en notre Seigneur, Jésus Christ… ! » (1 Th1, 1-5). 
Priez pour moi comme je prie pour vous afin que Saint-Paul, du haut du ciel, puisse dire cela de nous tous car le Christ a grand besoin de chacun de nous, de chaque baptisé réveillé, pour que notre monde aille mieux.

Allons plus loin : Au cours de l’été, lors du pèlerinage en Terre Sainte avec les jeunes, nous avons eu la très grande chance de passer une heure avec le Père David Neuhaus : Issu d’une famille juive, originaire d’Afrique du Sud, il choisit à l’âge de 15 ans le Christ « parce qu’il est ressuscité et qu’il a vaincu le dernier ennemi, la mort ». Devenu Jésuite et ordonné prêtre, il a été vicaire du Patriarche de Jérusalem pour tous les catholiques qui prient en hébreu.
Voilà son projet : c’est le mien si vous écrivez diocèse de Cambrai là où il écrit Terre Sainte. « Le défi actuel consiste à créer des oasis de foi, de prière, d’engagement envers la justice et la paix pour tous sans exception. Je suis de plus en plus convaincu que les chrétiens en Terre Sainte doivent parler haut et fort, avec leurs mots et à travers leurs institutions, afin de rendre visible et audible l’expression du Royaume que nous avons goûté en Jésus Christ, mais qui est loin d’être évident dans le monde où nous vivons. Nous sommes sans doute peu nombreux, impuissants et pauvres, mais nous n’en sommes que plus libres de suivre le Galiléen et de vivre son Royaume ici et maintenant ».


                                     


 

Article publié par Marc BEAUMONT • Publié Mercredi 01 novembre 2017 • 1172 visites

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