Téléthon. 20ème anniversaire

Edito du 7 décembre 2006

 

 

 

Téléthon

20ème anniversaire

 

 

     Je ne sais rien ou si peu de la vie quotidienne des parents qui ont un enfant handicapé. Je les admire beaucoup. Je devine le plus souvent comme un mélange de tendresse infinie et d'épreuve profonde. Il y a toujours l'appréhension de l'avenir, et, bien sûr, le souhait que la science découvre au plus vite ce qui pourrait guérir leur enfant ; mais ils savent tous que la recherche médicale sera longue, très longue.

 

     Chaque année, l'espace d'un week-end, le Téléthon nous réveille : et les vedettes de tous âges, les associations les plus diverses, les municipalités de toutes les couleurs politiques, les établissements scolaires du public et du privé, les scouts de tout poil, les "clubs-services", les pompiers… tout le monde s'y met ; chacun rivalise d'initiatives : il s'agit de mobiliser toutes les générosités possibles, de rassembler l'argent qu'il faut bien pour hâter les recherches…

 

     Et voilà qu'une question grave vient troubler la fête. Une question posée par notre Église mais qui la dépasse largement ; une vraie question pour la société tout entière ; une question difficile : "peut-on utiliser des êtres humains embryonnaires comme outils de recherche pour sauver d'autres êtres humains ?" Et du coup, selon la réponse qui n'est pas si simple, "peut-on utiliser une partie, même petite, de l'argent du Téléthon pour financer cette recherche ?"

 

     Une réponse est claire : il est normal que les donateurs sachent clairement à quoi sert l'argent qu'ils donnent. Une autre l'est aussi : il est du devoir de l'Église d'interpeller la conscience de notre société sur le statut tout à fait particulier et sacré de l'embryon humain.

 

     Une information est à partager : les cellules souches dont a besoin la recherche médicale pour progresser se trouvent aussi chez les adultes, notamment dans les cordons ombilicaux ; leur utilisation ne pose aucun problème moral : pourquoi ne pas les chercher là ?

 

     Mais vraiment, on peut regretter que ces questions graves surgissent en forme de polémique à l'occasion du 20ème anniversaire du Téléthon. Elles ne peuvent être abordées qu'humblement, dans la prise en compte infiniment respectueuse de l'attente des malades et de leurs parents, afin de ne jamais risquer d'être pris dans l'opinion pour ceux qui "lient des fardeaux pesants et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du bout des doigts". (Mt 23, 4)

 

 

X François GARNIER

 

 

 

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Secrétariat DIOCESAIN • Publié Jeudi 07 décembre 2006 • 3153 visites

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