Il nous aime trop pour nous supporter ficelés ! Extrait de l'homélie de la nuit de Noël à Douai.

Edito du 5 janvier 2006

Nativité du Christ Nativité du Christ   

 

 

Il nous aime trop pour nous

supporter ficelés !

Extrait de l'homélie

de la nuit de Noël à Douai.

 

 

 

     Je regarde l'icône de la Nativité. Au centre, il y a l'enfant, et là, l'image devient provocatrice. Car il n'est pas dans un berceau douillet, ni sur la paille dorée des crèches flamandes. Il n'est pas tout nu, ou à peine voilé de soie légère. Il naît sur fond noir de sépulcre dans un sarcophage de pierres froides. Prisonnier de ces bandelettes blanches dont on se sert en Palestine juive pour ensevelir les morts. Il surgit dans les ténèbres du monde. Il vient, en les faisant siennes, nous libérer de toutes les bandelettes qui nous ficellent dans nos vies mal-vivantes, ficelles de nos tristesses et de notre oubli des autres, ficelles qui ferment nos mains, nos cœurs et nos portes, ficelles de nos richesses non partagées et de nos engagements mal vécus. Il nous aime trop pour nous supporter ficelés !

    Cela vaut la peine de bien le contempler : il ne triche pas avec notre condition d'homme, il ne s'évite pas magiquement toutes les épreuves de nos vies, l'affrontement de la solitude et de l'abandon, de la peur de souffrir et de mourir, il va nous montrer à quel point, avec un vrai corps d'homme, un vrai esprit d'homme, un vrai cœur d'homme, on peut vraiment vivre libéré de toutes ces ficelles, lorsqu'on se laisse remplir de l'Esprit de Dieu ! Sur l'icône de la Résurrection, on retrouvera le même sarcophage froid, mais vide ! Les mêmes bandelettes blanches, mais vides aussi, roulées ou soigneusement pliées près du Ressuscité, bel et bien debout à jamais, vivant pour toujours.

 

     Pour que nous redevenions des vivants…

 

     Bonne année !

 

 

X François GARNIER

Archevêque de Cambrai

 

 

Article publié par Secrétariat DIOCESAIN • Publié Jeudi 05 janvier 2006 • 4702 visites

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