L'Urgence....

lorsqu'il n'y a plus que 120 prêtres au service des paroisses du diocèse, là où il y en avait 350 il y a 30 ans. - Edito du 12 mai

L'URGENCE,

lorsqu'il n'y a plus que 120 prêtres au service des paroisses

du diocèse, là où il y en avait 350 il y a 30 ans.

 

 

Je lis avec attention – et je dois l'avouer avec effroi dans un premier temps – le discours d'accueil du nouveau curé que l'on vient de me communiquer :

 

"Monsieur le Curé",

      "Il faut que je vous dise ce qui vous attend dans cette paroisse qui vous accueille aujourd'hui, ou ce que les paroissiens attendent de vous :

 

       Un prêtre disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, qui soit en mesure de célébrer l'Eucharistie six ou sept fois par jour, aux heures qui arrangeront au mieux les paroissiens.

       Un saint capable de nous mener sur les chemins de Dieu de la préparation au baptême à la célébration des funérailles en passant par la communion et le mariage.

       Un Directeur des Ressources Humaines qui coordonne les équipes de permanence au presbytère, les responsables des équipes, mouvements et services qui ont chacun leur calendrier propre.

       Un Directeur des Relations Publiques, représentant la Paroisse et capable de démêler tous les conflits avec toutes les autorités religieuses ou laïques.

       Un spécialiste des jeunes, un éducateur spécialisé pour les catéchismes, l'Aumônerie, le Catéchuménat, et si possible capable de combler les manques des parents qui vous confient leurs enfants.

       Un Directeur Financier, faisant des miracles de fonctionnement avec les maigres ressources de la Paroisse.

       Un Ingénieur des travaux publics qui s'occupera des travaux de la Chapelle St Éloi, des autres bâtiments d'église et éventuellement de l'École Géhu.

       Un saint homme accueillant et souriant pour nous donner le moral et qui saura choisir ses mots avec précaution, pour ne vexer personne, car nous sommes très susceptibles.

       Un saint homme capable de faire sonner les cloches, de faire fonctionner le chauffage de tous les lieux de culte, de réparer sur le tas sono ou micro qui vous lâche au dernier moment, allumer les cierges, balayer les tapis, nettoyer et fleurir l'église.

      Votre mission, à peine exagérée, est lourde et conséquente, vous l'avez acceptée et nous vous en remercions".

 

C'est ainsi qu'avec humour, on va le voir, on accueillit Robert il y a quelques mois, à Hautmont ! La suite du propos est en effet rassurante :

 

      "Rassurez-vous, les paroissiens ici présents, et ceux qui n'ont pas pu venir aujourd'hui, sont prêts à l'accepter avec vous, car nous l'avons compris, cette mission est aussi la nôtre, nous serons avec vous, avec nos talents et nos contraintes, nos petits moyens et notre grand cœur.

      Un peu comme les petites pièces mécaniques d'une grande machine sont appelées à se frotter, à s'user, à se mouler les unes contre les autres pour assurer le fonctionnement harmonieux, chacun doit pouvoir s'exprimer dans sa Foi, trouver sa place, agir pour le bien de toute la Communauté.

      Oui, Monsieur le Curé, nous sommes heureux de vous accueillir, parce que nous sommes prêts à vous apporter ce que nous avons de meilleur pour que cette mission soit la vôtre mais aussi la nôtre, pour que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de la Paroisse sache qu'il est aimé de Dieu.

      La moisson est grande, et bien que les ouvriers soient peu nombreux, ils sont vaillants et prêts à participer à vos côtés".

 

Ouf ! Merci à tous ceux et celles qui ont compris l'urgence qu'il y avait de "prier le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" (Mt 9, 37). Merci aussi à ceux et celles qui ont compris l'urgence qu'il y avait de délivrer leurs curés d'une longue série de soucis. Bien sûr, on en parle avec lui, on prend les décisions ensemble, on fait le point régulièrement ; mais on organise les permanences d'accueil, on tient les registres de catholicité, on assure la gestion des finances, on entretient les bâtiments, on ouvre et ferme l'église, on fait tout pour qu'elle soit belle et propre, on transmet les informations, on visite les familles en deuil et, s'il le faut, on conduit la célébration des obsèques. Et puis, il y a ceux et celles qui participent à l'annonce de la foi, qui invitent et appellent aux sacrements, préparent les baptêmes, confirmations, eucharisties et mariages. Tous et toutes avec nos dons et malgré nos faiblesses "humbles serviteurs dans la vigne du Seigneur".

 

C'est ainsi depuis le matin de la Pentecôte ! Bonne fête de Pentecôte !

 

@ François GARNIER

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Secrétariat DIOCESAIN • Publié le Jeudi 12 mai 2005 • 4028 visites

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