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L'Europe ?... ne pas casser le moteur !

Édito du 21 novembre 2013

 

L'EUROPE ? … ne pas casser le moteur !

 

 

Dans les années qui viennent, les commémorations de la Grande Guerre vont se multiplier, les discours s'enflammer, les mémoires se réveiller.

 

1914-1918, en chiffre, c'est l'horreur. En France ce sera la mort d'un habitant sur vingt sept. En Allemagne d'un habitant sur trente. Six mille quatre cents tués par jour. Dix millions de morts. Dix millions de blessés. Neuf millions d'orphelins. Cinq millions de veuves. L'hécatombe qui laisse une Europe déchirée, exsangue, malheureusement revancharde.

 

La guerre 14-18 devait être "la der des der" : nous recommencerons nos folies quelques dizaines d'années plus tard.

 

Dans les années 50, trois grands chefs d'États, trois catholiques, Robert Schumann le français, De Gaspéri l'italien, Adénauer l'allemand, vont fonder, non sans mal, la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). Il s'agissait de mettre en commun le charbon qui faisait l'acier et l'acier qui faisait les canons pour enfin ne plus en faire. Pour une Europe de paix définitive à construire. Ils affronteront les opinions majoritaires. Ils puiseront leur force dans leur foi. Avec Saint François, ils sauront prier pour que là où est la haine il y ait l'amour, là où est la division il y ait l'union, là où est la discorde il y ait la paix.

 

Les élections européennes s'approchent : elles suscitent en moi une très grande crainte. Oh, l'Europe va mal, oh oui ; la mondialisation a généré une si grande crise financière, tant de concurrences économiques insupportables, tant de migrations de la misère que grandit la tentation de nous replier sur nous-mêmes. Or, quand un moteur va mal, on ne prend pas une massue pour le détruire ; en ouvrier consciencieux on fait tout pour le réparer. Les prochaines élections européennes peuvent briser ce qui reste à construire. Les uns ne voteront pas : on risque d'approcher les 60 % de non votants ; les autres vivront  une sorte de défoulement collectif rendant l'Europe responsable de tout ce qui ne va pas : ils rêveront d'indépendance nationale, de frontières infranchissables, de replis frileux, oubliant cette incroyable paix que l'Europe nous a donnée depuis plus d'un demi-siècle.

 

Ma prière est simple : que l'Église nous aide à dépasser nos peurs ; qu'elle nous rappelle que catholique veut dire universel ; que l'Europe reste ouverte et généreuse avec ceux qui fuient leur misère au risque de leur mort ; que l'Europe apprenne à nos patries d'être dignes d'elles-mêmes parce que ouvertes aux autres ; que les nations apprennent à faire communauté ; que dans l'Église retentisse l'appel de tous nos derniers papes : "plus jamais la guerre" ; que nous votions avec responsabilité l'avenir de notre Europe exemplaire pour le monde entier.

 
François Garnier

Archevêque de Cambrai

 

 

 

 

Article publié par Cathocambrai • Publié Samedi 30 novembre 2013 - 14h54 • 1362 visites

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