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Le printemps de la famille

 

"Le printemps de la famille".

 

 

A cette époque de l'année, de nombreux "mariages à l'Église" se préparent ! C'est un vrai printemps de la famille lorsque des couples comptent sur le Christ pour construire leur alliance !

 

Pourtant, ma première prière aujourd’hui pourra vous paraître paradoxale : je prie d’abord pour ceux et celles qui ont connu un échec dans l’Alliance, une rupture dans leur couple, une épreuve grave dans leur famille. Je prie pour qu’ils trouvent tous et toujours dans l’Église une vraie famille qui - sans les juger ni trop vite, ni de haut – les accueille. Je prie pour ceux et celles qui parmi eux ont faim de l’Eucharistie qu’ils ne peuvent recevoir. Je sais que pour beaucoup  la vérité de leur communion de désir est connue de Dieu, et de beaucoup d'entre nous.

 

Mais bien sûr, ma prière aujourd’hui veut rendre grâce à Dieu pour toutes les familles et les couples qui, à travers les joies et épreuves quotidiennes, ont tissé et tissent de l’Alliance autour d’eux, à cause du Christ.

Très souvent, l’attitude de l’Église concernant le mariage et la famille est présentée par les médias manipulateurs des consciences comme un catalogue de NON : non au divorce, non à la cohabitation, non à l’adultère, non à l’avortement, non à tout ce qui porte atteinte à la vie de l’embryon, non au clonage….

Mais ces « non » que l’Église a le courage de dire pour ne pas ressembler aux poissons morts qui vont toujours dans le sens du courant, ne sont que l’envers d’un grand « OUI » qui est premier :

 

  • Oui à l’amour de l’homme et la femme dans le mariage sacramentel

 

  • Oui à la fidélité

 

  • Oui à l’indissolubilité

 

  • Oui à la vie, aux enfants, à la grandeur de la sexualité, au respect de l’embryon comme être humain, à l'accueil de toute vie fragile ou handicapée…

 

En un mot oui à cette cellule fondamentale de la société et de l’Église qu’est la famille.

 

D’après les sondages, nous entendons souvent qu’une bonne partie des catholiques n’accepte pas, ni n’observe ces exigences de l’Église. C’est le contraire qui serait surprenant – sur ce point, comme sur tous les autres points de l’Évangile – par exemple le juste rapport à l’argent, le pardon et l’amour des ennemis, le respect des étrangers en quelques situations qu’ils soient, la solidarité avec les pays pauvres, plus généralement avec les Béatitudes et le commandement d’être parfaits comme le Père céleste est parfait (Mt 5, 7), il y a toujours et il y aura toujours un décalage entre ce que demande l’Église et ce que nous vivons. Chaque jour, nous sommes malheureusement très infidèles à l’Évangile, ce n’est pas pour rien que nous reconnaissons avec lucidité avant de communier que "nous ne sommes pas dignes de recevoir le Corps du Christ".

 

 

Et pourtant :

 

  • Nous disons oui à la famille parce qu’elle ne vient pas d’abord d’une volonté humaine, mais de la volonté de Dieu. "A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un…" (Gn 2, 24) ;

 

  • Nous disons oui à la famille, parce que Dieu, qui a voulu cette union de l’homme et de la femme, les rend capables de s’aimer pour toujours, d’être fidèles l’un à l’autre dans la vigilance prudente, de se faire confiance envers et contre tout, de se pardonner dès qu’il le faut, de s’entraider aux heures des épreuves, des échecs, des conflits.

 

  • Nous disons oui à la famille parce que, selon le désir de Dieu, elle permet l’épanouissement le plus sûr des enfants et des adolescents : comme prêtres, nous entendons tellement souvent les drames camouflés que provoque chez eux la séparation de leurs parents.

 

  • Nous disons oui à la famille parce que, selon le projet de Dieu, elle est le fondement d’une société construite sur l’estime, la solidarité, la confiance, le respect de la parole donnée, l’entraide mutuelle. Les états totalitaires ont toujours tenté de détruire la famille pour mieux régenter la société. Quant aux régimes libéraux, ils cherchent à faire de la sexualité un produit de consommation où l’on fait de l’autre l’objet dont on se sert avant de le laisser tomber.

 

  • Nous disons enfin oui à la famille parce qu’elle est la première communauté chrétienne, la "petite Église", l’Église domestique. C’est en elle qu’est vécue la première annonce de la foi, qu’est offert en premier le trésor qu’est l’Évangile, qu’est dévoilé en premier le visage aimant de Jésus. C’est en elle que se fait l’éducation à la prière, que sont célébrées les fêtes chrétiennes, qu’est encouragée la solidarité, qu’est expérimenté le pardon, et que s’éveillent toutes les vocations. Dans les pays des persécutions, aux heures les plus dramatiques, c’est la famille qui sauve la foi !

 

Ce oui à la famille, il est vécu aujourd’hui par beaucoup d’entre vous ! Humblement, modestement, sans grands discours publics, loin des rampes médiatiques qui montrent plutôt les échecs et justifient toutes les faiblesses. Que seraient les paroisses, les mouvements, l’Église, notre société sans vous ?

Nous vous disons notre estime. Nous vous remercions de ce que vous êtes et faites sans complexe.

Par l’Alliance vécue que vous recevez comme votre mission quotidienne, vous évangélisez l’immense champ de mission qu’est l’amour de l’homme et de la femme.

L’Église rend grâce à Dieu pour vous.

Elle veut continuer avec vous de servir le printemps de la famille !

 

Mgr François Garnier

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Cathocambrai • Publié Lundi 15 avril 2013 • 2868 visites

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