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La très vieille lettre ...

plus moderne que jamais. "L'épître à Diognète"

 

La très vieille lettre plus moderne que jamais

"L'épître à Diognète"

 

 

Une bonne centaine de lycéens et d'étudiants de notre diocèse viennent de passer une semaine à Taizé, en Bourgogne.

 

Ils ont vu de leurs yeux une centaine de moines dont plusieurs très jeunes qui transpirent la joie de vivre en frères. Ils ont prié et chanté avec eux près de trois heures par jour ! Et puis, ils ont pris leur part de services : service des cuisines et des tables, service du ménage. Ils ont écouté les moines les initier à la lecture de l'Ecriture Sainte et les aider à comprendre l'Évangile. Je les ai vus vivre une expérience tellement différente de leur vie ordinaire : plus de télévision, plus d'internet, presque pas de téléphone. Une semaine entière pour ouvrir ses oreilles à la musique de l'essentiel, une semaine sans relation virtuelle, une semaine vraiment pas comme les autres.

 

Ils m'ont demandé ce que je souhaitais pour eux. Je leur ai dit que je souhaitais qu'ils découvrent le silence avec un proverbe arabe : "Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence, tais-toi". J'ai souhaité qu'ils ne se laissent jamais avoir par les majorités trop faciles et tapageuses. J'ai prié pour qu'ils grandissent dans la joie de croire et le courage de servir. Pour qu'ils vivent leur foi au Christ sans aucun complexe dans la société d'aujourd'hui. Pour qu'ils soient humblement fiers d'être chrétiens.

 

J'aurais aimé leur faire découvrir cette vieille lettre écrite au second siècle par un auteur anonyme : elle est plus moderne que jamais. Elle invite les chrétiens à choisir pour eux-mêmes des lois infiniment plus saintes que les lois de leurs pays. Elle fait comprendre que ce qui est légal n'est pas forcément moral. Elle ne confond pas légaliser et légitimer, ce qui est devenu courant aujourd'hui. C'est une lettre à lire et à relire :

 

            "… les Chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, … ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveaux-nés. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies mais leur manière de vivre l'emporte en perfection sur les lois. (A Diognète, V, 1-10)"

 

A méditer !

François Garnier

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Cathocambrai • Publié Lundi 11 mars 2013 • 1842 visites

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