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"Justice et Paix s'embrassent"

Edito du 22 janvier 2009

"Justice et Paix s'embrassent" (Ps 84, 11)

Cinq paroles de quatre visionnaires juifs.

 

 

     "Justice et Paix s'embrassent" Nous connaissons ce verset du Psaume 84. Nous savons en effet qu'il n'y a pas de paix durable sans que Justice soit faite et que seule la justice enfin rendue ré-ouvre un vrai chemin de paix.

      A l'heure où la violence des armes et les blessures qu'elle a provoquées a fait reculer le temps de la paix juste,

      A l'heure où tous les vrais spirituels de toutes les religions s'unissent pour appeler au calme les boutefeux qui cultivent les haines,

je retrouve cinq paroles de quatre visionnaires juifs, amants d'Israël, réellement insoupçonnables d'antisémitisme. Elles ne sont pas d'aujourd'hui mais elles sont plus que jamais d'actualité.

 

Yitzahk Rabin (alors premier ministre d'Israël, discours à la Maison Blanche, à Washington ; le Monde, Septembre 1993) "… Laissez-moi vous dire, Palestiniens, nous sommes destinés à vivre ensemble sur le même sol de la même terre". "…Nous vous disons aujourd'hui, d'une voix forte et claire : « Assez de sang et assez de larmes, assez ! »". "… Nous souhaitons ouvrir un nouveau chapitre dans le douloureux livre de nos vies communes, un chapitre de reconnaissance mutuelle, de bon voisinage, de respect mutuel, de compréhension. Nous espérons embarquer dans une ère nouvelle de l'Histoire du Moyen-Orient".

Théo Klein (alors président d'honneur du CRIF – Conseil Représentatif des Institutions juives de France – Lettre ouverte à Ariel Sharon, le Monde, 6 septembre 2001) "… Puis-je réaffirmer la conviction que j'ai eu le privilège de vous exprimer de vive voix, à la veille de votre élection : le premier pas à franchir, celui qui est à la fois une nécessité historique mais, sans doute, avant tout un impératif moral, c'est de reconnaître aux Palestiniens la liberté de proclamer leur État. Il faut même aller plus loin et réclamer pour Israël le privilège d'être le premier État qui reconnaisse la légitimité de cet État de Palestine. Un État avec lequel Israël doit partager la terre commune". "… Mettre fin à cette lutte fratricide qui oppose les deux héritiers d'une même terre, ne peut se résoudre que dans un juste partage". "… Et le terrorisme, me direz-vous ? Il ne peut être combattu, vous le savez, qu'à l'intérieur de chaque peuple – dès lors que celui-ci ne peut plus le considérer comme une forme de combat. Si le peuple le soutient, le terroriste devient un combattant".

Théo Klein (le Monde, 6 septembre 2002) "… Trop souvent, la violence nous saisit ; elle a pris la place de l'intelligence et de l'espérance. Pourtant, l'incessant carrousel attentats-représailles, l'inexorable litanie des morts et des blessés tournent et s'enroulent autour d'une seule question essentielle et décisive : les Palestiniens ont-ils un droit égal à celui des Israéliens de vivre sur une partie de cette terre commune pour être à leur tour un peuple digne, libre, saluant son drapeau et élisant ses dirigeants ? Pour vous comme pour moi, la réponse est : oui".

"… Alors, amis qui vivez, qui luttez et qui souffrez sur la terre d'Israël, arrêtez la marche du temps entre le Nouvel An (Roch Hachana) et le Grand pardon (Kippour). Interrogez-vous. Faites votre examen de conscience. Demandez-vous si vous avez vraiment regardé ce peuple qui est parmi vous, ces Palestiniens, habitants de notre terre commune, qui sont faibles, appauvris, sans travail  trop souvent, soumis à une incessante suspicion, arrêtés, fouillés, bloqués, renvoyés, humiliés. Nous avons connu ces temps-là ; ces mesures, nous les jugions déshonorantes".

Avraham Burg (ancien président de la Knesset et de l'agence juive ; le Monde, 11 septembre 2003) "… Voici ce que le premier ministre doit dire au peuple : le temps des illusions est périmé. On ne peut plus différer les décisions. Oui, nous aimons le pays de nos ancêtres dans sa totalité. Oui, nous aimerions bien y résider, nous tous seuls. Mais cela ne marche pas, les Arabes eux aussi ont leurs rêves et leurs besoins. Entre le Jourdain et la mer, c'en est fini de la majorité juive. Tout garder, mes chers concitoyens, comme cela , gratuitement, sans en payer le prix, est chose impossible".

Bernard-Henri Lévy (allocution prononcée le 27 mai 2002 à l'université de Tel-Aviv, le Monde, 4 juin 2002) "… Alors ? Alors, il reste une troisième solution. Un geste, en fait. Un simple geste". "… Un scénario que les intéressés ne pourront refuser sans se couper de leur peuple et se déjuger aux yeux du monde : 1 – rencontre sans délai, nolens volens, avec ce qui reste de la direction palestinienne ; 2 – appel à une conférence internationale où les Etats-Unis, l'Europe, les États Arabes modérés, se porteraient garants des termes du contrat proposé ; 3 – en échange de l'évacuation de l'essentiel des territoires et du démantèlement des implantations non contiguës à Israël, en échange, autrement dit, d'un État palestinien viable dont vous seriez les promoteurs, les accoucheurs, presque les parrains, la pleine reconnaissance, par le nouvel État ainsi que par les États arabes, de la légitimité et des frontières d'Israël. Cette initiative, cette percée, seraient conformes à la justice, c'est-à-dire, pour parler clair, à ce droit des Palestiniens à un État qu'aucun démocrate, aucun dirigeant juif et, plus encore, aucun sioniste, ne peut sérieusement leur dénier".

 

     Cinq paroles qui nous font encore espérer…

     Cinq bougies dans la nuit noire…

 

 

@ François GARNIER

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Secrétariat DIOCESAIN • Publié Jeudi 22 janvier 2009 • 5526 visites

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